Face au plan d'eau, j'étale des abstractions de végétaux et de maisonnettes qui ressemblent à des petits tombeaux. Les formes découpées m'apparaissent nimbées car forcément, me revient la visite de l'été 1979, la longue marche dans la poussière où la gorge sèche, je réclame un taxi avant de récolter un métro. Nous cherchons un Trianon qui n'existe pas. Tout est flou et il n'y a rien ; juste cette poussière et mes jambes lourdes.

Ma soumission aux obsessions cède un peu de terrain pour concéder davantage de marge au réel. Versailles, c'est parfois un peu quiche, aussi. C'était ayer, fête nationaille. La veille, j'étais retourné au tombeau.

Les gens se roulent sur le sol, pleurent et rient à la fois, et se couvrent le visage de terre. Des yeux exhorbités qui suintent l'alcool me disent de les rejoindre dans la petite maison. Ma mère m'y rattrape et m'en fait sortir. J'aperçois des ossements sauter dans des draps avant qu'elle ne me plaque sa main sur les yeux.

-Regarde, le monsieur fait de l'impressionnisme... Bonjour, c'est de l'aquarelle ou de la gouache ?

-De l'aquarelle.

-Regarde celui-là, il est très beau le vert...

-C'est vraiment très beau ce que vous faites, monsieur...

La petite princesse tient mieux la marche que moi, elle est pourtant à peine plus âgée.